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III. Divagations

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·        La dame en noir
·        La femme en blanc
·        Le pantalon de cuir
·        La jupe beige
·        La foire aux slips

La dame en noir

Cette première expérience est en réalité l’origine de ce modeste ouvrage.

C’est sans doute cette silhouette sombre qui me fit prendre conscience de ce que le cul des femmes peut dévoiler d’elles-mêmes et surtout de ce qu’elles veulent cacher.

Sur le trottoir, je marchais sur les traces d’une jeune femme, vêtue selon son âge de vêtements noirs, collés à un corps sculptural. Sa blondeur flottait derrière elle…

Bref, elle attira mon attention. Les mètres passants, un sentiment étrange me troubla.
Quelque chose dénotait dans l’attitude de cette jouvencelle.

Vous l’aviez deviné, la forme de ses fesses ne se conformait pas avec la représentation que je me faisais de cette jeune inconnue ; ces hanches n’étaient pas aussi hautes perchées qu’elles auraient du l’être.

Au risque d’être trivial, elles dépassaient des marques que dessine la culotte sur le haut de la cuisse. Ce renflement cellulitique m’apparu soudain évident et totalement insolite.

 N’écoutant que ma curiosité, je pressais le pas pour vérifier mon pressentiment. À peine dépassai-je mon inconnue que je comprenais mon trouble.

C’était une mère et non la fille que je suivais pauvrement.

Bien conservée pour l’âge, cette femme affichait à présent sur son visage l’empreinte du temps, malgré un évident effort pour le masquer.

Elle fait partie de ces éternelles fausses jeunes femmes qui, se mêlant à la mode des bachelières, se sentent plus désirables.

L’effet produit fut inverse sur moi ; de séduit, elle me décevait déjà, sans même que nous ayons échangé un mot ou ni même un regard.

Cette histoire de simulatrice dénoncée par son popotin m’incita à répéter l’expérience sur une autre, puis une autre... Jusqu’à ce petit matin blême où...

Les courbes que Dieu à voulu conserver

La femme en blanc

Parmi les épisodes marquant de mon observation, je garde un souvenir réjouit de cette femme que j’aperçus au sortir d’une rame du métro qui postillonna trois péquins ensommeillés, un matin du mois d’août.

Mon regard se posa sur une dame dont le teint revendiquait ses vacances ensoleillées. Pour renforcer son hâle lumineux, elle arborait un pantalon blanc.

Comme souvent, le doublement de la fine toile soulignait les coutures du vêtement. La créature avait eu le goût discutable d’opter le matin pour un slip blanc qui voulait s’affirmer lui aussi à travers le coton.

Au bas de l’escalier, je l’avais déjà presque rattrapée et je pouvais deviner une marque plus claire encore. Cette pâleur partait de sa ceinture en fin triangle pour disparaître entre ses lunes.

La dame portait un string en plus de sa culotte !!

Un examen approprié révéla une réalité bien banale, de slip point, mais sans doute la marque d’un bronzage méticuleusement constitué au péril de longues heures d’exposition immobile et de la mythique graisse à traire.

Ainsi le string se détachait-il moins sur l’anatomie que l’empreinte de son maillot de bain sur son hâle, l’illusion des transparences successives faisant le reste.

De loin cette blancheur conservée d’une lune livide m’avait trompée.

Ainsi, nombreux sont les faux-semblants qui à tout instant mènent l’esprit dans des divagations qui ravissent l’esprit innocent.

Certains culs sont tellement beaux qu'il est bien dommage de s'asseoir dessus.

Le pantalon de cuir

Une femme marchait d’un pas pressé devant moi, les premiers rayons de soleil baignaient son dos. Comme il ne faisait pas encore froid, elle ne portait pas de manteau.

C’est fou ce que le cuir fin d’un pantalon peut épouser un corps et le magnifier en soulignant chaque harmonie, chaque relief tout en dissimulant les inévitables imperfections.

Ce cuir dont l’élasticité gaine les jambes en les affinant sur toute leur longueur, les faisant paraître plus interminables, plus sveltes et plus fermes encore.

Ces peaux dont on devine le crissement, plutôt qu’on ne l’entend, dont on se rappelle l’odeur fauve plutôt que ne la sent.

Le vrai cuir quoi ! L’enveloppe charnelle de l’animal transformé en écrin soyeux pour un corps sans défaut suscite un émoi érotique mécanique à tous ceux qu’éros habite.

Vous le devinez, le cuir nu, ainsi, dans la rue, sur une croupe nerveuse, ça me fait quelque chose...

Alors, quand celle qui met cette cuirasse porte une culotte à gros contours enveloppant lamentablement un postérieure dodu et flasque,...

Les femmes qui ont les garde-robes les plus fantastiques ont toujours commencé avec un tout petit slip.

Anonyme

Cela m’attriste... Oui ! Cela m’attriste, … Surtout le matin.

La jupe beige

Une autre vision éclipse toutes ces fesses boudinées ou vulgaires qui peuplent le métro. C’est la rencontre furtive avec cette femme à la jupe longue et droite aperçue de dos à la sortie d’une rame.

Elle n’était pas spécialement jolie, mais la coupe étroite presque surannée qui enveloppait sa taille du haut de la ceinture jusqu'à se resserrer légèrement au-dessous du genou, magnifiait le galbe de ce derrière que la toile sait guider avec élégance, suggérant les contours, sans indiscrétions.

Délicatement rétro, bien qu’indémodable, cette jupe sobre préserve dans sa corolle le mystère des pleins et des déliés de la femme qui affiche un goût si sûr.

Un luxe de sobriété devenu si rare qu’il se remarque immanquablement dans une foule exhibitionniste au jean béant et customisé ou à la jupette étriquée.

De cette femme à la silhouette anachronique émane le charme et le parfum de la Parisienne et sans doute l’histoire d’un amant.

La foire aux slips ou le temple de la culotte

Une Française achète en moyenne 5 culottes par an

Du temps où les Galeries n’étaient pas encore la référence mondiale de la lingerie, j’ai dû accompagner ma compagne dans ce haut lieu de perdition.

Sans vouloir battre de records, ce temple des dessous – qui de façon remarquable se trouvait dessous le magasin - constituait déjà un lieu de tous les possibles, frisant quelquefois les commerces licencieux de la rue Saint-Denis.

À l’entrée des nombreuses cabines d’essayage, deux fauteuils accueillaient le singulier chaland qui comme moi avait arpenté les rayons de grand magasin et qui refusaient à présent de suivre leur compagne dans l’exiguïté et la moiteur du réduit.

Perdu dans mes rêveries, je ne vis que tardivement le ballet des silhouettes de tous âges qui passaient devant moi portant triomphalement des merveilles glanées au hasard des rayons.

À chaque doigt étaient suspendus les petits cintres qui soutenaient une lingerie bigarrée.

Les courbes que Dieu à voulu conserver

Cette vision éveilla mon esprit. Je détaillais ces trésors que les créatures attiraient dans les alcôves.

Cette jeunesse mêlant un sage coton blanc, chair ou fraîchement imprimé avec une dentelle échancrée aux couleurs de femme,

Cette autre hésitante entre guêpière satinée et porte jarretelle à froufrous, le rouge et le noir. La nuisette transparente bordée d’organdi, toute droit sorti d’un film des sixties et la chemise de nuit dérivée d’un Tex Avery ou d’un Disney.

Couleurs, forme, sexy ou réputée comme tel, short ample, étroit, échancrée jusqu’à la hanche ou plus encore, visible ou non, … La variété dépasse l’imaginaire des hommes.

Cette observation m’accordait l’opportunité de percer le fréquent contraste entre l’objet frivole et l’apparence stricte de l’acheteuse.

Telle femme d’affaire en vue, dans son tailleur de bonne coupe arborait un coordonné chatoyant dont la transparence ne laissait aucun doute quant à son efficacité sur la libido qu’il attiserait immanquablement

Telle mère BCBG, le string et la guêpière en bandoulière promettaient un réveil violent de sa vie de couple.

Telle ménagère qui s’essayait aujourd’hui aux dernières tenues si efficaces dans des séries TV. Elles datent un peu, mais qu’importe, elles semblent si efficaces pour détourner monsieur du match le temps d’écraser les coussins du divan le temps d’un coït furtif.

Telle autre qui sacrifie aux turpitudes des créateurs, …

Celle-ci qui a manifestement renoncé à exposer son corps et cette autre dont les sous-vêtements doivent tout montrer d’un corps qu’on imagine pulpeux et peu farouche.

En quelques minutes, elles sont des dizaines à fondre frénétiquement sur des cabines avides.

Je n’ose imaginer la stupeur et la déception de celles qui se sont brutalement confrontées à la réalité de leur corps essoufflé ; ni l’incertitude ou l’indécision des autres quant à la sélection à opérer.

À qui me montrerais-je ? En quelle circonstance ? Cela ne taille-t-il pas petit ? Trop sage, trop coquin, trop pute ou pas assez ?

À ce stade, tout est encore possible, tout est potentiellement une trouvaille vouée à préserver une intimité, à la magnifier ou à la nier.

Madame ne s’est pas encore engagée, elle essaye, évalue l’efficacité de l’objet souvent plus que son confort.

Suivant son humeur, madame devra conclure en optant pour la fine mousseline qui renforcera les effets du Viagra ou au contraire la préservera des assauts de l’amour. Entre celui qui fidélisera l’amant ou qui tuera toute velléité d’un environnement hostile.

 

Les femmes qui ont les garde-robes les plus fantastiques ont toujours commencé avec un tout petit slip.

Anonyme

Madame passe à… La caisse, son choix est définitif, enfin rationnel ou presque.

Elle part avec ses emplettes et ses regrets.

De toute façon elle reviendra pour les échanges.

Étant donné que les jupes raccourcissent et que les décolletés deviennent de plus en plus bas il n'y a qu'à attendre que les deux se rejoignent.

Pierre-Jean Vaillard - Le hérisson vert         Suite...

 

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Si ça vous a plus aussi, tant mieux.  Sinon franchement je me demande ce que vous faites encore là, à essayer de lire un texte trop petit !!

Tags : Fesses, Dieu, Best-seller, théorie, citations, dame en noire, femme en blanc, pantalon de cuir